Vers de nouveaux critères diagnostiques du diabète gestationnel ?
- Meriem DAOUD
- 21 août 2022
- 2 min de lecture
Par Meriem DAOUD, le 21-08-2022
Les critères diagnostiques du diabète gestationnel ont longtemps fait l’objet de controverse. Il n’existe pas à ce jour de seuils précis et définitifs pour poser le diagnostic de diabète gestationnel.
Une étude récente, GEMS (Gestational Diabetes Mellitus Trial of Diagnostic Detection Thresholds), a été publiée le 18-08-2022 dans ‘The New England Journal of Medicine (NEJM)’, l’étude était conduite par une équipe de la Nouvelle Zélande. Son but était de comparer les résultats de l’utilisation de deux types de critères diagnostiques de diabète gestationnel (critères bas pour le groupe 1 et critères élevés pour le groupe 2)
Le design de l’étude est résumé dans la figure 1.


Le critère de jugement principal était la naissance d’un enfant plus grand par apport à son âge gestationnel (ce qui correspond à un poids de naissance > 90e percentile selon les courbes de référence de l’OMS), d’autres critères secondaires étaient pris en compte incluant d’effets indésirables maternels (déclenchement du travail, pré-éclampsie, complications infectieuses, prise en charge du diabète, l’utilisation médicamenteuse…) et néonatals (hypoglycémies néonatales, macrosomie, infections…)
Les gestantes chez qui le diagnostic de diabète gestationnel était posé selon les différents critères, ont été informées de leur diagnostic et ont bénéficié d’une prise en charge nutritionnelle, d’une surveillance glycémique et d’un traitement pharmacologique en cas de besoin. Après l’accouchement, chaque nouveau-né a reçu les soins nécessaires selon le protocole de l’hôpital concerné.
Les résultats de cette étude ont conclu que l’utilisation de seuils bas (critères diagnostiques du groupe 1) a conduit à un nombre augmenté de cas de diabète gestationnel par apport à l’utilisation de seuils élevés (critères diagnostiques du groupe 2), ce qui a amené à un recours plus important des services de santé, et cela sans augmentation des effets néfastes maternels et fœtaux, car il n'y avait pas de différence dans le critère de jugement principal (La proportion de nouveau-nés nés grands par apport à leur âge gestationnel était 8.8% dans le groupe 1 vs 8 .9% dans le groupe 2), ni de différence significative dans les critères secondaires.
D'autres études et d'autres progrès sont toujours nécessaires pour établir des seuils nets et précis pour définir le diabète gestationnel.
Pour plus de détails sur l’étude, veuillez consulter l'article original sur le lien direct :
https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2204091
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